Latin et médecine - I.
1 | Le Quadrilatère de Celse : la réaction inflammatoire.
At si in praecordiis inflammatio et dolor est, primo superimponenda sunt cataplasmata reprimentia, ne, si calidiora fuerint, plus eo materiae concurrat ; deinde si prima inflammatio se remisit, tum demum ad calida et umida veniendum est, ut ea, quae remanserunt, discutiant. Notae vero inflammationis sunt quattuor : rubor et tumor cum calore et dolore. Quo magis erravit Erasistratus, cum febrem nullam esse sine hac dixit. Ergo si sine inflammatione dolor est, nihil imponendum est : hunc enim statim ipsa febris solvet. At si neque inflammatio neque febris sed tantum praecordiorum dolor est, protinus calidis et siccis fomentis uti licet.
Celsus, De Medicina, Liber III, Caput X, 2-3.
Aide à la traduction
Arthur V. a étudié les propositions subordonnées circonstantielles du texte de Celse.
Traduction d' Édouard et d'Arthur D. :
Émil et Gabriel ont commenté le texte de Celse :
Le texte de Celse est intéressant pour plusieurs raisons :
• Il montre
la méthode utilisée par le médecin romain. Celui-ci fait un examen clinique du
malade et l'observe de façon précise. En fonction de ce qu'il a pu constater, le
remède sera différent. Par exemple, il regarde s'il y a de la fièvre ou bien de
la douleur.
Par ailleurs, Celse compare ses observations avec celles d'un
médecin grec du IIIe siècle avant notre ère, Érasistrate, avec lequel
il n'est pas d'accord et il en fait donc une lecture critique. Cela montre que
les médecins romains utilisaient les écrits des médecins grecs tout en apportant
des améliorations. Ici, Celse dit que la fièvre n'est pas forcément accompagnée
d'une inflammation.
• Il décrit aussi les symptômes de la réaction
inflammatoire de façon simple en utilisant 4 mots importants :
RUBOR (rougeur), TUMOR (gonflement),
CALOR (chaleur), et DOLOR (douleur). C'est ce
que l'on appelle encore aujourd'hui, le quadrilatère de Celse.
2 | Deux remèdes antiques :
L'oignon, remède universel selon Pline.
Sativae [caepae] olfactu ipso et delacrimatione caligini medentur, magis vero suci inunctione. Somnum etiam facere traduntur et ulcera oris sanare commanducatae cum pane, et canis morsus virides ex aceto inlitae aut siccae cum melle et vino, ita ut post diem tertium solvantur. Sic et attrita sanant. Suco et cicatrices oculorum et albugines et argema inunxere et serpentium morsus et omnia vulnera cum melle ; item auricularum cum lacte mulierum et in iisdem sonitum aut gravitatem emendantes cum adipe anserino aut cummelle stillavere.
Pline l’Ancien, Histoire naturelle, livre XX, 20, « les vertus de l’oignon ».
Aide à la traduction
Traduction d' Émil :
L'amande amère pour soigner la jaunisse selon Gargilius Martialis.
Fit medicamentum ex amaris amygdalis quod Dioscorides dia amygdalon picron appellat, spleni et jocinori maximeque aurugini necessarium, quod conficitur sic : amygdalorum unciae II, gentianae unciae IIII, anesi unciae II, absinthii Pontici uncia I, omnia simul tunsa cribrantur. Ex eo pulvere coclearium ex aqua datur. Mulsam miscent qui nimiam amaritudinem vitant. Vehemens hoc esse etiam domesticis in uxore servata experimentis probavi.
Gargile Martial, Les remèdes tirés des légumes et des fruits, LIII, « L’amande amère ».
Aide à la traduction
3 | Pour aller plus loin
Vocabulaire latin du corps humain
Vocabulaire grec du corps humain
